LOSC

À Lille, l'après-Galtier est un peu plus difficile que prévu

À l'image de l'équipe, Benjamin André et José Fonte sont méconnaissables en ce début de saison
À l'image de l'équipe, Benjamin André et José Fonte sont méconnaissables en ce début de saison

Hier soir, le LOSC n’a pu faire mieux qu’une défaite en Ligue des Champions face à la jeune garde du Red Bull Salzbourg (2-1). Au-delà du résultat, les partenaires de José Fonte ont livré une prestation assez inquiétante sur la pelouse de la Red Bull Arena. Sacrés champions de France il y a seulement quatre mois, les Lillois sont méconnaissables en ce début de saison. De quoi menacer leur entraîneur Jocelyn Gourvennec ?

Hier, à quelques heures du coup d’envoi entre les deux équipes, difficile d’être optimiste quant aux chances lilloises sur la pelouse de la Red Bull Arena. Souvent à la peine cette saison, le LOSC s’apprête à affronter un RB Salzbourg sûr de ses forces. Pleine de fougue et d’allant, la formation de Matthias Jaissle n’est pas un cador européen mais a de quoi faire peur à une équipe sans reliefs depuis plusieurs semaines.

Sur le terrain, l’énorme différence se fait sentir d’entrée. Au contraire de son homologue allemand, il est impossible de lire ce que souhaite faire Jocelyn Gourvennec. Au coup d’envoi, l’ex-emblématique entraîneur de l’En Avant Guingamp a opté, dans la lignée de son prédécesseur Christophe Galtier, pour un 4-4-2 à plat, faisant ainsi confiance à Angel Gomes et Timothy Weah pour insuffler vitesse et dynamisme au jeu lillois. Malheureusement, à la mi-temps, le constat est sans appel. Sur les quarante-cinq premières minutes, Lille n’a rien créé ni eu la moindre occasion de marquer.

Associés à la pointe de l’attaque des Dogues, Jonathan David et Burak Yilmaz ne sont pas alimentés. Sur les ailes, secteur à priori clé à l’aube de la rencontre, Angel Gomes et Timothy Weah sont invisibles, comme souvent cette saison. Au milieu, dépassés sans ballon, Benjamin André et Xeka ne sont pas plus inspirés en possession du cuir. Au-delà de la faillite des individualités, c’est la production collective qui interpelle. Sur la pelouse, comme souvent cette saison, les joueurs semblent comme en autonomie, sans plan ni animation travaillée à laquelle se référer. Sur son banc, Jocelyn Gourvennec tente bien de guider les siens, en vain, le LOSC cohérent de Christophe Galtier semble bien loin.

Un après-Galtier plus difficile que prévu

Au moment de tirer le premier bilan du mandat de Jocelyn Gourvennec, il n’est pas question d’attendre de son LOSC un football total. Pas du tout même. La saison dernière déjà, la formation de Christophe Galtier n’est pas l’équipe la plus flamboyante de Ligue 1, loin de là. Son titre de champion de France, le LOSC ne l’a pas gagné grâce à la mise en place d’un jeu de position parfaitement articulé ou avec 75% de possession de balle de moyenne. Non, une défense en béton armé et des transitions huilées ont suffi. Pendant les trois ans de son mandat, Christophe Galtier a, sans aucune prétention, fait avec les moyens du bord. Lors de sa première saison pleine sur le banc lillois, son 4-2-3-1 excelle en transitions. Emmenés par la BIP-BIP et par une défense irréprochable, les Dogues terminent dauphins du PSG, portés par un Nicolas Pépé que rien ne pouvait stopper. Parti à Arsenal à l’intersaison, l’ailier ivoirien oblige l’actuel entraîneur de l’OGC Nice à se réinventer, un challenge que ce dernier réussit haut-la-main. Si la campagne de Ligue des Champions est un échec cuisant, en championnat, le 4-4-2 lillois fait encore de gros dégâts. Arrivé dans la peau d’un inconnu, Victor Osimhen est vendu pour pas moins de 80M€ au Napoli à la fin de la saison 2020-2021. Cette fois, c’est le duo Jonathan David-Burak Yilmaz qui débarque pour remplacer la vedette locale. Là encore, Christophe Galtier se trouve dans l’obligation de s’adapter, les profils de ses deux nouveaux avant-centres n’étant pas les mêmes que celui de l’attaquant nigérian. Pas de problème. Avec son nouveau tandem, le succès est total. Jusqu’à emmener le LOSC au graal. Là encore, c’est l’équilibre qui fait la force du LOSC. Derrière, José Fonte et Sven Botman sont une réincarnation de la charnière Paolo Maldini-Alessandro Nesta. Dans les buts, Mike Maignan est exceptionnel. Pour la troisième fois en trois ans, Christophe Galtier a tiré la quintessence du potentiel de son effectif. Une performance de grande classe que ne parvient pas à réaliser Jocelyn Gourvennec.

Un néant global très inquiétant

Fin mai, alors que le LOSC célèbre son titre, on annonce qu’une véritable saignée de l’effectif est inévitable pour les pensionnaires du stade Pierre-Mauroy. Finalement, au 31 août, voilà qu’hormis Mike Maignan, Boubakary Soumaré et Luiz Araujo, tous les acteurs majeurs sont restés dans le Nord. De quoi permettre au club de réaliser une nouvelle saison de grande qualité ? On peut l’espérer. Pour remplacer Christophe Galtier, Olivier Létang a opéré un choix assez étrange en faisant venir Jocelyn Gourvennec. Au rayon des arrivés, Ivo Grbic, Gabriel Gudmundsson et Angel Gomes (retour de prêt) ont rejoint l’équipe.

Au niveau des moyens mis à disposition du technicien breton, il n’y rien à dire. Surtout que, concrètement, le board lillois n’attend pas de son coach qu’il soit à nouveau champion. Il pourrait même se contenter d’une qualification pour la Ligue Europa. Oui mais voilà, sur le terrain, quelque chose semble s’être cassé. Équilibre et intensité, tels étaient les mots d’ordres de Christophe Galtier. Les voilà partis dans les valises de l’ancien technicien de l’ASSE. Même les fondamentaux qui ont fait sa force durant les trois saisons et demi du mandat de Christophe Galtier, le LOSC l’a perdu. D’ordinaires méchants au duel et impressionnants de sérénité, José Fonte et Sven Botman ne sont que l’ombre d’eux-mêmes en ce début de saison.

Le pire est qu’en ce début de Ligue des Champions, le LOSC peut nourrir d’énormes regrets. Si le RB Salzbourg est une très belle équipe, la plus jeune équipe de la Ligue des Champions demeure prenable, le match l’a démontré. Si les deux victoires obtenues non sans difficultés face à Reims (2-1) et Strasbourg (1-2) ont pu lever quelques doutes dans la tête des dirigeants lillois, ces derniers seraient inspirés de tirer rapidement le bilan des premiers mois de Jocelyn Gourvennec à la tête du LOSC car vu la situation dans laquelle se trouve l’équipe, un changement de cap rapide pourrait être une bonne idée.